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OBJETS D'EXCEPTION

2015-12-04 19:05 作者: admin 来源:未知

Le papier Lian Si, ou Lian Shi, a été créé sous la dynastie Tang.

Le papier Lian Si, un papier millénaire
Yvonne Yuan

 
Le Rêve dans le pavillon rouge est l’un des quatre romans classiques de la Chine. Ce roman légendaire a connu de nombreuses versions depuis sa parution sous la dynastie Qing (….). La première version qui est parvenue jusqu’à nous est celle de 1754, commentée par Zhi Yanzhai. Dernièrement, afin de commémorer le 300e anniversaire de l’auteur du roman, Cao Xueqing, la librairie Zhonghua a réédité cette version précieuse sur du papier Lian Si.
 
Le papier Lian Si[ Ce papier aurait été inventé par deux frères du nom de Lian. Comme ils étaient les troisième et quatrième au sein de la fratrie, on appelle ce papier Lian Si (si signifiant « quatre »).], ou Lian Shi, a été créé sous la dynastie Tang. Il s’agit d’un papier noble destiné à la calligraphie et la peinture, qui a une histoire de plus de douze siècles. Selon le Ciyuan, le premier dictionnaire encyclopédique moderne en chinois (publié pour la première fois en 1915), ce type de papier était autrefois surtout utilisé pour des ouvrages précieux, des inscriptions de stèle, l’écriture os-écaille, la calligraphie, la peinture et les éventails. Le papier Lian Si atteint son apogée sous les dynasties Ming et Qing, où les lettrés et les écrivains le considéraient comme un bon cadeau pour des amis ; les calligraphes et les peintres locaux qui recevaient de l’empereur ce papier étaient un honneur pour leur ville. L’ouvrage historique Shiqishi des Ming et la bibliothèque impériale de Siku Quanshu ont tous été imprimés sur ce papier. En quoi le papier Lian Si est-il précieux ?
 
Le papier Lian Si est connu pour sa couleur pure et blanche, sa douceur et sa densité, sa résistance contre les insectes rongeurs, et la stabilité de sa couleur. Il est produit dans les provinces du Jiangxi et du Fujian, la production du district de Yanshan au Jiangxi étant considérée comme la meilleure. L’ingrédient principal du papier Lian Si est le bambou Moso, ce qui impose des limitations sévères sur les zones de production. Yanshan se situe dans l’est du Jiangxi, au pied nord des monts Wuyi. Avec ses montagnes hautes et basses et son réseau hydrologique favorable, le district est une zone productrice du bambou Moso. Depuis l’Antiquité, l’eau pure et le bambou de qualité que l’on trouve ici sont des conditions naturelles favorables pour la fabrication de papier de bambou. C’est pourquoi Yanshan est devenu le berceau du papier Lian Si de qualité.
 
Sans la facilité des machines modernes dans la fabrication du papier, à l’époque, une feuille de papier Lian Si de qualité nécessitait soixante-douze procédés techniques. Le début de l’été est la meilleure saison pour préparer les ingrédients de ce papier. De tendres bambous sont d’abord coupés, avant d’être mis à sécher dans l’ombre pendant deux mois. Ensuite ils sont mis en tas et rincés à l’eau pendant trois mois. On enlève alors la peau extérieure pour obtenir les fibres, avant de soumettre ces fibres aux coups de marteau, au lavage, au séchage, et de les mettre en ballot. Ensuite, on les blanchit, on en fait une pâte, on transforme la pâte en papier, et on le sèche. Il faut un an pour réaliser toutes ces étapes. Parmi toutes celles-ci, le blanchiment naturel est l’étape clé. Il est différent du blanchiment dans la fabrication d’autres types de papier. Rien que pour ce seul procédé, il faut quatre à six mois : les ouvriers mettent les galettes de papier rondes, sans ajouter aucun additif, sur une pente de montagne, à deux reprises, pour un blanchiment naturel qui dure six mois. La pente choisie doit exposée au soleil, être à l’abri du vent, offrir des espaces plats, et être garnie d’arbustes : c’est le seul moyen de garantir une circulation de l’air sur le recto et le verso des galettes. Ce mécanisme du blanchiment naturel utilise l’ozone de l’atmosphère et les rayons ultraviolets pour décomposer les pigments, ainsi que le rinçage par la pluie pour obtenir un blanc pur. En comparaison avec le blanchiment chimique, ce procédé naturel ne nuit pas à l’environnement, et il permet d’avoir un papier résistant et bien blanc.
Yanshan est très connu pour sa papeterie. Selon des archives sur l’histoire locale, pendant l’apogée de la papeterie sous les dynasties Ming et Qing, le district comptait mille quatre cents auges à papier ; 40% de la population du district travaillait dans cette filière. Le bourg de Hekouzhen sous l’administration de Yanshan à lui seul comptait plus de cent commerces de papier, avec un chiffre d’affaire de plus de cinq millions de liang[ Un liang pèse 36,9 grammes sous les dynasties Ming et Qing. (NDLT)] d’argent. Grâce à la longue histoire de la fabrication du papier, les techniques avancées, et une grande diversité de produits, Yanshan devint l’une des cinq zones d’artisanat dans le sud du Yangtsé. Le bourg de Hekouzhen seul comptait cent mille habitants. Toutefois, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, la production du papier Lian Si déclina avec l’arrivée en grande quantité du papier fabriqué à l’étranger par des machines, et le changement dans la façon d’écrire des Chinois. Dans les années 80 du siècle dernier, la dernière auge à papier de Yanshan arrêta de fonctionner.
 
Fort heureusement, ce savoir-faire ne s’est pas pour autant perdu. En 2006, les techniques de fabrication du papier Lian Si ont été inscrites sur la liste des patrimoines culturels immatériels au niveau national, établie par le Conseil des affaires de l’État. Avec cela, le papier millénaire a réapparu pour le public, redevenant un papier important dans la restauration et la réédition des ouvrages anciens.

 
 
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